Mon téléphone portable et moi…

Avez-vous remarqué les dégâts énormes causés par ce petit appareil électronique qui pullule dans la société actuelle?
Je me suis plue à contempler avec effarement des milliers de « connectés » en tous genres, de toutes races, de tous les milieux et de tous les âges . Des familles en vacances, des couples , des groupes, des solitaires… tenant tous à leur main leur précieux « tout usage » .

Chacun, chacune, rivé à son écran et totalement indifférent pour ne pas dire « FROID » à la Vie qui l’entoure.
Parfois, surgissant du bruit des sonneries de toutes les messageries, un éclat de rire tonitruant se faisait entendre. Devinez d’où venait l’éclat bruyant ?
Il venait de ce qu’un des « connectés » visualisait dans l’instant sur son écran magique tout en s’empressant de le faire voir à son voisin de table ou plutôt non… je me corrige, en lui envoyant le lien en copie.
Ce soir-là, Daniel et moi, étions attablés dans un sympathique restaurant à ciel ouvert, devant une vue naturelle majestueusement rare. À la table voisine, un beau jeune homme était assis face à une femme mi-vingtaine, entièrement rivée pour ne pas dire « accrochée » à son appareil portable.
Lui aussi avait le sien, mais sagement déposé à côté de lui, et… fermé. N’est-ce pas une délicatesse basique de sa part ? Visiblement, il était amoureux de la femme assise en face de lui.
En vain, il a essayé de lui parler, de lui sourire et d’entrer en contact avec son coeur à elle. Mais peine perdue. Elle dînait ce soir là avec un autre amoureux : son cellulaire. Portant de temps à autre et mécaniquement à sa bouche un peu du plat qu’elle avait commandé, elle ne quittait pas des yeux son écran, fascinée. Visiblement, sa préférence allait à son téléphone intelligent et cela devait être ainsi depuis très longtemps.
Nous étions tristes pour ce jeune homme au si beau sourire et aux yeux brillants d’amour qui essayait de rivaliser avec  » l’adversaire ». Mais comment offrir du coeur et de la chaleur à qui n’en a plus ?
Petit à petit, nous avons alors observé une table et puis une autre… quelques familles qui avaient oublié qu’elles en étaient et même un vieux couple d’Indiens dans lequel la femme aussi était mariée à son appareil intelligent, alors que son mari était tristement isolé, à l’écart du « couple électronique ». Une sorte de trio aberrant !
Tous ou presque, à de rares exceptions, étaient bel et bien occupés avec leur téléphone portable.
De temps à autre une tige de métal levait « l’adversaire » au dessus de toutes les têtes pour prendre un bon « selfie »… ou pour photographier une assiette et en garder le souvenir dans une boîte de métal ou l’envoyer à plusieurs adeptes de la même addiction.

Oui, il faut bien en faire le triste constat :
La société des « connectés » est en pleine expansion et crée d’énormes dommages collatéraux. Celui, entre autres, de l’évitement collectif à tout contact vrai à l’autre, à la Nature … à la vie réelle et à l’amour partagé.

Heureusement, il existe encore des rebelles à cette addiction virtuelle à laquelle nous assistons; Daniel et moi en sommes.
Bien sûr, j’ai aussi un téléphone mobile mais j’ai établi un « contrat d’usage » entre lui et moi : celui de le laisser demeurer un simple appareil de service, de ne pas lui permettre d’en faire plus et, surtout, de ne pas remplacer l’humaine en moi.

À la base, un téléphone n’est-il pas conçu pour téléphoner, c’est-à-dire rapprocher ce qui est éloigné ?
Marie Johanne

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